Ernst von Salomon

19.06.2006 | Ernst von Salomon

L'aventure des Corps-francs, c'est avant tout la révolte des patriotes et la lutte armée entreprise pour redonner au peuple "le sens de sa destinée". Né en 1902, Ernst von Salomon n'a que 16 ans à la fin de la Grande Guerre mais, en tant qu'officier aspirant, formé à la dure école prussienne, il est écœuré par le mépris témoigné par la populace rouge à l'égard des soldats du front et par l'occupation de son pays par les troupes -souvent coloniales- alliées.
Il rejoint les organisations nationalistes et s'engage à défendre la patrie menacée. Il participera à toutes les aventures guerrières de l'après-guerre; contre les Spartakistes à Berlin, sur la Baltique contre les bolcheviques, avec les russes blancs de Bermondt, lors de la tentative de coup d'Etat (où il sera prisonnier des gardes rouges).

Avec l'échec du putsch nationaliste, c'est la fin d'une époque… celle de la guerre pour le Reich, pour le calme et l'ordre. Malgré le fait que les Corps-francs agirent plus souvent en guerriers qu'en soldats -chaque compagnie marchant derrière son étendard-, ces hommes furent les derniers gardiens des marches orientales de l'Allemagne prussienne face à la menace communiste. Face au recul de la république de Weimar, aux ordres des vainqueurs du diktat de Versailles, les purs choisirent la mutinerie (alors que les hobereaux prussiens restaient aux ordres) et la lutte pour la patrie, pour le Heimat, et contre l'Etat. Le temps des conjurés avait sonné.

En pleine période de désarmement, les fusils et les mitrailleuses sont cachés, des groupes sont constitués, des traîtres sont éliminés (la Sainte Vehme châtie les traîtres) … l'année 1921 voit la résistance à l'occupation française grandir et se structurer. Des coups d'éclat sont tentés (et parfois réussis) pour libérer les camarades emprisonnés. Ernst von Salomon participa encore aux combats de la Haute-Silésie contre les Polonais qui voulaient confisquer ce territoire allemand (forts du droit de Versailles). De chaque coin du Reich, des nationalistes (étudiants, paysans, colons, soldats, ouvriers … soutenus par des Suédois, des Finlandais, des Baltes) accourent spontanément pour mettre leur vie au service de la patrie contre la volonté de l'Etat. Le sang jeune du peuple se substitue à la servilité sclérosée de ses chefs. Le combat sera beau, intense et vain… les fruits n'en tomberont que plus tard.

Le retour à la vie civile impliqua une transformation de la guérilla en lutte armée clandestine. Les séparatistes rhénans et bavarois sont traqués et une sourde colère gronde contre le gouvernement de Weimar. Walter Rathenau, va en faire les frais. Malgré son jeune âge, Ernst von Salomon va contribuer à faire l'Histoire et sera mêlé à l'assassinat, le 24 juin 1922, de ce symbole de la république allemande de Weimar. Il en payera le prix fort. Il relate, sans emphase et d'une façon poignante, les cinq années de prison qui marqueront sa jeunesse.

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